• Culture
  • Société
  • Sport
  • Environnement
  • Politique
  • Religion
Allo ici Kpénahi
Article : « Au nom du père, du fils et du foot »
Religion
3
3 février 2013

« Au nom du père, du fils et du foot »

Inoussa Kaboré (en blanc) en plein tournage
Inoussa Kaboré (en blanc) en plein tournage

Le football africain est à l’honneur, et ce pour environ un mois. En effet, la CAN, la Coupe d’Afrique des Nations, bat son plein en Afrique du Sud. C’est plus que jamais le moment de parler sport, surtout de football, l’une des disciplines sportives les plus prisées et les plus pratiquées sur le continent. C’est ainsi que le ballon rond fait l’objet d’un film du jeune réalisateur burkinabè Inoussa Kaboré.

« Au nom du père, du fils et du foot », c’est l’intitulé de ce court métrage mettant en scène l’histoire de Malick, un jeune garçon de 12 ans, qui rêve de devenir un grand footballeur à l’image des stars internationales. Mais Malick est le fils de l’Imam de son quartier. Celui-ci veut faire de son fils son digne héritier, un maître coranique, mettant ainsi un frein aux ambitions du jeune garçon. Pourtant, Malick et ses coéquipiers se préparent à prendre leur revanche  lors d’un match contre le quartier voisin,  seule condition leur donnant l’accès à ce quartier où vivent leurs petites amies. Malick réussira-t-il a atteindre son ambition de footballeur ? Son équipe réussira-t-elle à prendre sa revanche sur l’équipe adverse ? Le film nous le dira quand il sortira officiellement.

Une scène du film "au nom du père, du fils et du foot"
Une scène du film « au nom du père, du fils et du foot »

Un rêve d’enfant

Le réalisateur, Inoussa Kaboré  a exploité cette confrontation entre la religion et le football pour tout d’abord  raconter son histoire personnelle. Enfant, il nourrissait des envies d’une carrière footballistique, mais  son père,  bien qu’étant lui aussi un passionné de sport, n’était pas d’accord pour ce choix. Ses motivations viennent également du fait que le football n’était pas la tasse de thé d’un grand nombre de Burkinabè jusqu’à l’organisation de la CAN 98 au Burkina Faso.

Le sport facteur d’unité

Conscient que le sport est devenu de nos jours un facteur incontournable d’union entre les communautés, entre les peuples car suscitant les mêmes passions, les mêmes espoirs chez tout un chacun, au-delà des différences culturelles et transgressant les clivages religieux,  Inoussa Kaboré entend briser les barrières de l’intolérance religieuse qui gagne du terrain dans le monde au fil du temps. A travers le sport, il incite toutes les religions à cultiver la tolérance religieuse, la paix, et à vivre ensemble autour un idéal, le sport.

Inoussa Kaboré a d’autres films à son actif : « Ali le millionnaire », « Entre les lignes », « Rasta rebelle », une série web télé intitulée « Sur le chemin de mes droits » et « Le linge sale » avec lequel il a eu au Fespaco 2011, la Mention spécial du jury droits humains etle Prix Graine de baobab de Alliance francophone.

Lire la suite
Article : Alerte au mercure, un poison qui tue à petit feu
Environnement
0
2 février 2013

Alerte au mercure, un poison qui tue à petit feu

Description du cycle de contamination du mercure
Description du cycle de contamination du mercure

Il y a quelques semaines, le samedi 19 janvier 2013, environ 140 Etats signaient une convention mondiale ayant pour objectif la réduction des émissions de mercure dans le monde afin de réduire l’exposition de l’homme et de l’environnement à cette substance. Certaines institutions comme l’Union européenne en sont même arrivées à interdire l’exportation de produits contenant du mercure. Les Etats-Unis prévoient de réduire son émission de 20 tonnes d’ici à 2016. Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) s’est fixé comme objectif d’en faire autant en réduisant de 70% les objets fonctionnant au mercure dans le monde. C’est dire combien le problème est préoccupant.

C’est quoi le mercure ?

Le mercure un élément naturellement présent dans l’environnement et qu’on retrouve dans l’eau, l’air et les sols. C’est un métal lourd de couleur argenté brillant qui a pour symbole chimique Hg. C’est le seul métal qui se présente sous forme liquide dans les conditions de température ambiante et se vaporise au contact de l’air. Il est rejeté dans la nature par des phénomènes naturels comme les éruptions volcaniques, les activités industrielles, les érosions des roches et par certaines activités humaines telle l’exploitation minière.

Méconnu par une majorité de personnes, le mercure est la nouvelle menace pour l’homme et l’environnement. Les Etats africains semblent ne pas s’en préoccuper alors que l’Afrique, en plus de l’Asie et l’Amérique du Sud est devenue l’un des principaux émetteurs du mercure à cause des activités d’orpaillage. En effet, les orpailleurs, dans l’extraction artisanale se servent de cet élément pour séparer l’or du minerai. Après le traitement par lavage à l’aide du mercure, du minerai qui contient très peu d’or les orpailleurs obtiennent une solution très diluée des deux métaux. Ils évaporent ensuite le mercure et récupèrent l’or. Ce contact direct avec le mercure expose les orpailleurs à des dangers sanitaires. Alors si les Etats africains ne font rien, le mercure sera la cause de l’une des catastrophes environnementales et sanitaires les plus dévastatrices des prochaines années. Le monde entier se souvient encore du désastre sanitaire de Minamata au Japon où entre 1932 et 1968 plus de 50 000 personnes ont été touchées par ce qui a été appelé la maladie de Minamata. Cette  maladie a fait son apparition après qu’une usine ait déversé des déchets liquides fortement contaminés par du mercure dans la baie du Minamata. Les populations de cette localité, vivant principalement de la pêche se sont longtemps empoisonnées en consommant le poisson provenant de cette baie, ignorant sa contamination.

 Attention aux soins dentaires et aux produits cosmétiques

On le sait depuis très longtemps, le blanchiment de la peau a des inconvénients sur la santé, notamment des problèmes dermatologiques. Cela se précise encore plus avec la présence de mercure dans certains produits cosmétiques, dont les démaquillants et le mascara pour les yeux.

Le mercure est utilisé par les dentistes pour soigner les carries ou faire des plombages. Il est fréquemment utilisé dans la fabrication de certains produits de beauté, les démaquillants, les mascaras, les crèmes et les savons éclaircissants. Cela peut créer des maladies dermatologiques (cicatrices, décolorations, diminution de la résistance de la peau aux infections) aux personnes utilisant ces produits.

Une contamination à la chaîne

Même à faible quantité, le mercure est très dangereux pour la santé de l’homme Les orpailleurs en contact direct avec le mercure s’exposent à ses effets néfastes sur certains de leurs organes le système nerveux, les yeux, la peau, la thyroïde, les reins, les poumons et le système immunitaire du corps. L’orpaillage se menant auprès des points d’eau, le mercure se propage rapidement et pollue les lacs et les rivières. Il s’accumule ensuite dans les organismes des animaux marins, notamment le poisson et les crustacées. Ainsi, leur consommation, surtout par les femmes enceintes provoque des malformations concernant le développement du fœtus. Les bébés encourent donc des préjudices avant même leur naissance. Ils peuvent naître avec des troubles du développement neurologique. Ainsi, les enfants ayant été exposés au mercure ont des problèmes de langage, de vision, de cognition ou des disfonctionnements au niveau du cerveau.

Lire la suite
Article : Et le meilleur des vœux est…
Société
0
8 janvier 2013

Et le meilleur des vœux est…

Photo d'illustration
Photo d’illustration

A la faveur de la nouvelle année, j’ai reçu des vœux et je continue d’en recevoir. Et ça n’est pas prêt de s’arrêter. Ce qui est frappant, ce n’est pas la quantité de vœux reçus ou de savoir qui a pensé en cette période de nouvel an, mais l’originalité de ces messages. Aussi humoristiques et imaginatifs les uns que les autres, j’en étais à la fois épatée et intriguée par l’originalité des vœux formulés à mon endroit. J’ai donc décidé de les partager avec vous.

2012 s’en est allé et 2013 a pointé le bout de son nez avec son lot d’accolades et de vœux à n’en pas finir. Ces vœux et ces accolades, ils pleuvront jusqu’à la fin du mois de janvier et même au-delà.  Des vœux sortis de l’imaginaire, tellement bien formulés que cela serait trop beaux pour se réaliser.

Chacun veut paraître le plus original possible, chacun veut être l’auteur d’un vœu qui sort de l’ordinaire et qui accroche. Des vœux humoristiques « Bonne et heureuse année 2013, l’année de ton année. Fais le compte rendu de la fête, c’est pour ma culture générale. »  Des vœux  à caractère religieux « que Dieu le tout puissant vous accorde une santé inébranlable. Que la paix et l’amour de Dieu soient vos compagnons quotidiens et qu’ils vous portent sur les cimes infinis du bonheur. » Des vœux adaptés à la vie quotidienne ou à des situations spécifiques,  ou encore des vœux qui regroupent à la fois tous ces genres, tout y passe comme celui-là que je trouve particulièrement réussi et amusant « le seigneur m’a envoyé te donner cette voiture de marque « PARADIS » pour tes courses. Tu devras la conduire avec courage. La chance sera ta route, la santé ton carburant, la prospérité ton siège, la réussite ton volant, le succès ton accélérateur, le pardon tes freins. Bonne fête. »

Prendre son temps, réfléchir et sortir des phrases aussi cohérentes et sensées. A y voir plus clair, ces vœux nous interpellent sur la vie que nous menons, sur nos désirs les plus ardents et sonnent comme une motivation à mieux affronter la nouvelle année et cela donne envie de se battre pour des jours meilleurs.

Alors chers (ères) mondoblogueurs et mondoblogueuses je vous souhaite une volonté de fer pour que l’aventure continue. C’est le dernier appel pour le vol 2013 de la compagnie MONDOBLOG. Bagages requis, l’information, l’originalité. La crédibilité et la motivation seront vos ceintures de sécurité.

NB : Avant tout embarquement,  veuillez toujours procédez à la vérification de vos bagages pour que vive toujours MONDOBLOG. Bonne et heureuse année 2013.

Liberty

Lire la suite
21. déc.
2012
Politique
2

Norbert Zongo, le lieu de son assassinat marqué à jamais

Le dévoilement de la plaque Norbert Zongo
Le dévoilement de la plaque Norbert Zongo. Ph. Kpénahi T.     

L’émotion était vive en cette matinée du 20 décembre 2012 à Vêê, à environ 8 km de Sapouy, là où la plume du journaliste d’investigation Norbert Zongo a été calcinée à jamais. La raison, la cérémonie de dévoilement d’une plaque à l’endroit où il a trouvé la mort. Cela à l’occasion des activités de commémoration (débutées le 13 décembre 2012) du 14ème anniversaire de l’assassinat du journaliste. Le recueillement par des prières du collectif des « femmes en noir » a ravivé les souvenirs. Des membres de la famille du journaliste très émus jusqu’aux larmes, partagés entre ces souvenirs douloureux et un brin d’espoir qui vient d’être consolidé par cette plaque symbolique, se sont sans doute remémorés les premiers instants du drame du 13 décembre 1998 comme si c’était hier.

« Norbert Zongo, ici est tombé ce grand journaliste », peut-on lire sur la plaque plantée sur le lieu du drame de Sapouy. Depuis donc ce 20 décembre 2012, le directeur de publication de l’hebdomadaire l’Indépendant  a été immortalisé comme pour rappeler à ses assassins et commanditaires de son assassinat que le temps n’aura pas raison de la quête de la vérité. Quiconque empruntera ce trajet sera interpellé par cette plaque trottant au bord de la chaussée, avec des couleurs vives et une plume, celle de Norbert Zongo, celle de la vérité. Voir cette plaque érigée en son nom, c’est une bataille de gagnée car une première tentative avait échoué en 2000, quand  la délégation qui se rendait à Sapouy pour planter la plaque avait été bloquée par les forces de l’ordre à 5 km de Sapouy. Et 12 ans après, cela est devenu possible. Signe que malgré le poids du temps, 14 années passées, l’oubli n’est pas à l’ordre du jour. Le lieu de l’assassinat de ce vaillant journaliste vient d’être marqué à jamais, car comme l’a dit le slammeur burkinabè Valian dans son titre « hommage à Norbert Zongo », « les morts n’attendent pas qu’on les pleure, mais qu’on les honore ».

Quant-à moi, j’étais heureuse d’avoir été témoin de cet évènement en l’honneur de ce héro de la liberté de la presse au Burkina Faso, d’avoir surtout pu être en communion le lieu du drame. « Norbert Zongo, que ce lieu où tu as perdu la vie soit pour moi un repère, une source d’inspiration et éveille en moi ce flair du bon journaliste d’investigation que tu étais. Donnes moi la force, le courage et cette soif de vérité qui t’animait tant afin que je puisse contribuer à faire la lumière sur ta mort ». Dans mon for intérieur, j’ai prononcé ces mots quand je me suis retrouvée à cet endroit, là où il a poussé son dernier souffle. C’était la première fois que je m’y rendais et je me sentais en une sorte de pèlerinage. J’étais animée à la fois d’un sentiment de fierté pour l’œuvre, le sacrifice de Norbert Zongo et de révolte parce que justice ne lui a toujours pas été rendue.

Lire la suite
17. déc.
2012
Politique
0

Assassinat de Norbert Zongo, « le temps passe, l’injustice demeure »

 

Graffiti de Norbert Zongo graphé par Deris. Ph. Kpénahi T.

13 décembre 1998, 13 décembre 2012, 14 années sont passées depuis l’assassinat du journaliste burkinabè Norbert Zongo et de trois de ses compagnons. 14 ans, et la lumière n’est toujours pas faite sur l’affaire Norbert Zongo qui restera une épine dans les pieds du pouvoir en place.

Comme il est de coutume depuis l’assassinat de Norbert Zongo, le Collectif des Organisations Démocratiques de masse et des Partis politiques a procédé au dépôt d’une gerbe de fleur sur la tombe du journaliste. Pour commémorer cet anniversaire, l’association Semfilms a organisé une série d’activités constituée de témoignages, d’ hommages d’artistes, de projections de films documentaires sur les premières heures du drame, un portrait géant du journaliste esquissé sous forme de graffiti.

Mais ce qui est encore inquiétant et déplorable, c’est le découragement qui a gagné certains militants et manifestants qui se mobilisaient depuis des années pour que justice soit faite. Au fil des ans, le nombre de personnes se réunissant pour participer aux activités commémoratives du 13 décembre diminue considérablement et la mobilisation faiblit. L’hebdomadaire d’Henry Sebgo (nom de plume qu’avait choisi Norbert Zongo) semble aussi en prendre un coup. Le journal n’est que l’ombre de lui-même ne n’attire plus les lecteurs.

Le fondateur de l’hebdomadaire L’Indépendant en quêtait sur une affaire de meurtre à la garde présidentielle quand il a été assassiné. Et depuis 2006, un non lieu a été prononcé, la raison avancée, pas d’éléments suffisants pour la poursuite de l’enquête. Mais le rédacteur en chef du bimensuel L’Evénement pense qu’il y a des éléments nouveaux. Selon Newton Barry, le sergent Babou Naon, l’un des témoins de l’affaire aurait récemment révélé dans une interview que « Naon a affirmé connaître le militaire qui avait tenté d’empoisonner le journaliste, et ce serait aussi celui-là même qui aurait conduit les assassins de Norbert Zongo le jour du drame ». N’est-ce pas une preuve suffisante pour relancer une affaire judiciaire classée non lieu ? Mais reste à savoir si la justice burkinabè fera preuve de justice en rouvrant le dossier. On n’a pas besoin de fréquenter la plus grande école de droit pour le savoir, à moins qu’on ne veuille pas élucider l’affaire ou qu’on ait peur de toucher ceux vers qui tous les éléments désignent comme coupables.

Pour que jamais ce jour du 13 décembre 1998 ne soit oublié, une stèle sera posée sur le lieu du drame le 20 décembre prochain. Une façon aussi de rappeler au pouvoir en place que l’ombre de Norbert Zongo ne cessera de planer et de hanter son sommeil tant que « le temps passe [et] l’injustice demeure ».

 

Lire la suite
Article : Au secours ! La politique en souffrance au Burkina Faso
Politique
0
4 décembre 2012

Au secours ! La politique en souffrance au Burkina Faso

Plaque indicatif de la CENI (Commission électorale nationale indépendante) du Burkina. Ph. News.Ouaga.com

Du 17 au 30 novembre 2012, le Burkina Faso a vécu à l’heure des élections législatives et municipales couplées. Les affiches, les gadgets, de l’argent, tous les moyens étaient bons pour courtiser un électorat en majorité analphabète. En attendant les résultats de ces élections qui se sont déroulées le dimanche 2 décembre, on peut pousser un ouf de soulagement. On pourra enfin passer à autres choses. Les candidats à la députation et à la municipalité nous ont désillusionné par la platitude de leurs messages politiques et nous assez gavés avec des promesses de campagnes qui ne sauraient encore convaincre plus d’un au Burkina Faso tant on en a entendu des promesses non tenues depuis des années. Mais rien y fait, les choses n’ont jamais changées, pour ne pas dire que la situation s’empire de jour en jour au pays des hommes intègres. Des candidats à la députation qui ont comme arguments la construction d’école, ou encore donner la moitié de leur salaire aux citoyens, soyons réalistes, les députés ne siègent pas à l’Assemblée nationale pour construire des écoles ou des hôpitaux mais pour proposer et voter des lois. Je ne connais pas jusqu’à ce jour un politicien quelque soit sa bonne foi, qui a donné une partie de son salaire à son peuple. Des candidats municipaux qui ont parlé de tout et de rien sauf l’essentiel pour le développement d’une commune. Les infrastructures routières, sanitaires, les problèmes de logements… allez-y comprendre.

Ce qui aura surtout marqué cette période électorale, c’est le déroulement de la campagne électorale qui n’a pas différé de celles des années précédentes. Même stratégie de distribution de tee-shirts, de casquettes, de quelques billets de banque par ci et par là et le tour est joué. Mais le pire de cette campagne électorale et qu’on ferait vite d’effacer de nos mémoires, c’était le niveau du débat politique qui n’a pas volé très haut. Ce qui devait être l’occasion pour les partis politiques et leurs représentants de défendre leurs programmes et convaincre les électeurs qu’ils sont dignes de confiances et qu’ils mérite d’être leurs communaux et représentants à l’Assemblée nationale est devenue une tribune d’étalage de leurs insuffisances en culture politique et de leur ignorance. En lieu et place de débats intellectuels et cohérents, les candidats ont servi aux téléspectateurs des moments de désolation, de duperie en tous genres et ils ont fait montre de leur déconnection totale de la vie réelle dans leur pays. Ils se sont livrés à des réflexions qui n’ont parfois ni queue ni tête. C’est à croire que certains représentants de partis se sont trompés de place et se sont donc retrouvés là par erreur. Dire que ce sont ces gens qui représenteront le peuple. Qu’iront-ils défendre à l’Assemblée nationale s’ils ne sont même pas en mesure de tenir un débat et d’expliquer leurs programmes ou leur idéologie politique pendant cinq minutes? Ils doivent comprendre qu’on en vient en politique comme si on rentrait dans un marché.

C’était décevant de savoir que notre pays qui n’hésite pas à vanter ses mérites en matière de médiation et de facilitation puisse avoir des politiciens d’une telle médiocrité. La Télévision nationale du Burkina (TNB) qui rappelle ci souvent et fièrement sa présence sur satellite a fait voir au monde extérieur qui a sans doute été ébahi et amusé à la fois de découvrir cette facette de ceux qui se disent politiciens au Burkina Faso. C’est l’image du pays et la crédibilité de nos politiques qui en ont aussi pris un coup.

Lire la suite
Article : Quand le ministre de la communication clash les journalistes burkinabè
Société
2
20 novembre 2012

Quand le ministre de la communication clash les journalistes burkinabè

 

Le Ministre Alain Edouard Traoré  Ph.l’Observateur Paalga 

Quand on s’indigne parfois que le journaliste n’est pas respecté en voilà une preuve. « Nos journalistes manquent de professionnalisme (…) Ils sont les premiers à critiquer, mais ont horreur de la critique. Aussi, ils semblent ne pas être conscients de leur responsabilité sociale à ce stade de la démocratisation (…) En même temps, ils veulent la dépénalisation, en même temps ils s’enfoncent dans le mensonge. Ils pensent détenir toute la vérité de la société, ce qui n’est pas évident. Et quand ils dérapent, ils ne veulent pas qu’on parle. Comme si c’était un crime de lèse-majesté. Mais les journalistes ne sont pas des majestés ».  Ce sont les mots  lancés aux journalistes par leur ministre de tutelle, Alain Edouard Traoré lors d’une conférence de presse donnée le 8 novembre dernier à Bobo Dioulasso, en prélude à la célébration de la fête nationale du Burkina Faso le 11 décembre prochain.

Alain Edouard Traoré faisait sans doute référence au dérapage du directeur de publication du journal l’Ouragan qui a été condamné à 12 mois de prison ferme, 6 mois d’interdiction de paraître et 4 millions de FCFA de dommages et intérêts. Il a été condamné le 29 octobre dernier par le tribunal correctionnel de Ouagadougou pour avoir diffamé le procureur du Faso. A ce que je sache, les journalistes n’ont pas cautionnés les égarements de leur confrère, même s’ils ont par contre déploré la lourdeur de la peine. Ce qui légitime.

Comment les journalistes ont-ils réagit face à ces attaques ? Ce qui est certain, c’est qu’ils n’ont pas eu la langue de bois. Ils n’ont pas tardé à réagir les uns sur les réseaux sociaux, les autres à travers leur quotidien. On peut ainsi lire sur la page facebook de Ladji Bama qui se demande si « le fait qu’un seul élément trébuche suffit pour s’en prendre aussi brutalement à toute une corporation ? » Abdoul Razac Napon lui pense que « cette affaire Ouragan est une occasion inespérée pour casser du journaliste ». Le quotidien L’Observateur Paalga dans un écrit de sa parution du lundi 19 novembre si Alain Edouard Traoré un ministre de tutelle ou un père fouettard.

Monsieur le ministre, n’oubliez pas que votre Premier ministre Luc Beyon Adolphe Tiao est un journaliste. En vous en prenant à ses confrères, vous vous en prenez a lui aussi qui même s’il ne pratique plus le métier reste un journaliste.

Alain Edouard Traoré n’a pas intérêt à se mettre les journalistes à dos. Eux qui sont ses premiers collaborateurs quant il s’agit de donner de la visibilité à ses tournées ou à ses

conférences de presse hebdomadaires afin d’informer l’opinion publique sur l’action gouvernementale. On peut le dire, il vient de commettre une erreur en s’attaquant maladroitement aux journalistes burkinabè, eux qui semblent d’ailleurs ignorer la force qu’ils ont de changer le cours du monde, le pouvoir qu’ils ont de s’imposer. Imaginons que les médias décident de boycotter ces conférences de presse et autres activités initiées par le ministère de la communication ?  Ou encore suspendre pendant deux jours toute couverture médiatique des actions du gouvernement ? Mais je peux encore rêver, même si les journalistes décidaient de procéder ainsi pour exprimer leur mécontentement, il y aura toujours des canards boiteux pour affaiblir la lutte.

Je me souviens d’un spot publicitaire de Reporters sans frontière qui disait « que serait le monde sans les medias ? » Pour ne pas paraphraser, moi je dirai que serait le poste de ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement sans les journalistes ? Donc balle à terre comme on le dit dans le jargon familier.

Lire la suite
Article : Si le ridicule tuait !
Culture
3
12 novembre 2012

Si le ridicule tuait !

 

Des autorités burkinabè à l’ouverture du SIAO. Ph. Kpénahi TRAORE

Le 6 novembre, l’un des derniers dinosaures africains, le chef d’Etat camerounais, Paul Biya fêtait en grande pompe, les 30 ans de son accession sur le trône du palais d’Etoudi. Et quelques jours avant, le 26 octobre, c’était l’ouverture officielle du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou, SIAO qui a pris fin le dimanche 4 novembre 2012. Vous me direz sans doute quel est le lien entre ces deux événements ?

Voilà les faits. La cérémonie d’ouverture du SAIO a été marqué par un incident que je qualifierai avec humour d’artistico-politique ou politico-artisanal, le griottisme d’un artiste camerounais dont le nom le nom a vite fait d’être oublié. Ce dernier a vécu  un moment de solitude quand il a demandé aux invités de la cérémonie d’ouverture du SIAO le 26 octobre dernier de chanter avec lui et que personne ne s’est laissé emporté par cette plaisanterie au goût amer. En tout cas, un sentiment de confusion et de malaise se lisait sur les visages des autorités présentes ce jour là.Ces dernières étaient prises dans le piège ne sachant pas quelle attitude adopter. Entonner le refrain avec leur invité du Cameroun, applaudir ou pas ? le malaise était présent.

Quelle mouche a donc piqué cet homme à vouloir faire du griottisme en chantant la gloire du président du Faso et avec même un refrain tout trouvé « Blaise Compaoré ». Je me pose encore la question. Etait-il en panne d’inspiration ? Où espérait-il rentrer chez lui les poches pleines ? Même si le marché discographique camerounais pilule de chansons vénérant Paul Biya, il n’avait pas besoin de venir exposer son savoir-faire en techniques de camouflage pour mendier. Peut être qu’il se sentait déjà pris dans la fièvre des festivités des 30 ans de pouvoir de son président Paul Biya pour qui il avait peut être pris le soin de faire une composition spéciale.

On se serait cru à un meeting ou à une campagne électorale du Congrès pour la Démocratie et le Progrès, CDP, surtout que  « les grands du pays » et du gouvernement étaient tous présents.  Il devrait savoir qu’ici au Burkina Faso, le culte de la personnalité n’a pas encore atteint le niveau inquiétant qu’il a dans certains pays  comme au Cameroun. Il est sans doute habitué dans son pays à faire les louanges du président à n’importe quelle cérémonie ou rencontre comme si était l’être suprême.

Après cet incident, les organisateurs du SIAO devraient être plus vigilant et rappeler aux artistes invités leur rôle qui se limite à assurer l’animation et non pas à venir jouer les porte-paroles des hommes politiques. Les campagnes électorales et les meeting politiques sont faits pour cela.

Lire la suite
04. nov.
2012
Culture
0

Récréatrales 2012, « la danseuse de l’eau » de Jean-Pierre Guingané à l’honneur

Les deux comédiens au centre

Les Récréatrales, Résistances panafricaines d’écriture, de création et de diffusion théâtrales se sont officiellement ouvertes ce vendredi 2 novembre 2012, au siège de la Fédération du Cartel à Ouagadougou. Une ouverture aux airs carnavalesques avec une parade au village du festival, une animation de la fanfare de la garde nationale. Plusieurs pièces étaient programmées pour ce premier jour des Résistances. Mais j’ai choisi d’aller voir « la danseuse de l’eau », non pas parce que le titre est énigmatique ou beau à entendre, mais parce que cette pièce est sortie de l’imaginaire d’un grand homme de théâtre, de culture, le regretté Jean-Pierre Guingané. Voilà un peu plus d’un an que l’homme s’en est allé, mais il aura laissé un grenier dramaturgique riche en écritures théâtrales et en enseignements qui mériteraient d’être portés à l’écran ou sur les planches. Abidine Diori l’a peut être compris en assurant la mise en scène de « la danseuse de l’eau »,  cette œuvre littéraire de ce géant du théâtre burkinabè et africain.

« La danseuse de l’eau » est la confrontation de deux générations, celle de Kira, enfant innocent avide d’apprendre et celle de sa grand-mère N’Gandou débordant de connaissances. Kira partagé entre « l’école du blanc et l’école de la vieille N’Gandou » essaye de trouver un point d’équilibre et de  tirer le meilleur des deux enseignements comme lorsqu’un jour rentré de l’école, il demande à  sa grand-mère « pourquoi il y a autant d’eau sur la terre alors que la vieille Ngandou souffre tant pour en avoir ? » C’est là que commença réellement la trame de l’histoire dans un pays nommé le Bissakou, connu pour ses griots et sa danse traditionnelle le Goumbé, parfaitement maîtrisé par Kobrani la danseuse de l’eau. Il faut dire que l’histoire en elle-même est complexe tant son auteur Jean-Pierre Guingané laisse difficilement le profane y entrer. Ce qui fait dire à Saïdou Alcény Barry, critique culturelle que qu’il y a un « sentiment d’étrangeté qui nimbe celle-ci au milieu des œuvres dramatiques de son temps car elle se tient si loin de ces consœurs, dressée dans une immense solitude ».

Dans les rôles principaux, Mamadou Tindano dans la peau de N’Gandou et Paul Zoungrana dans l’esprit innocent de Kira. Le jeu d’acteur, rien à redire si ce n’est qu’une femme n’aurait peut être pas aussi bien interprété le personnage de la grand-mère N’Gandou comme l’a magistralement fait Mamadou Tindano. Entre les scènes de monologues et de répliques, Paul Zoungrana a aussi montré son talent de monologue et sa capacité en tant que comédien, à captiver l’attention du spectateur.

Et concernant la mise en scène, ce qui retient principalement l’attention, c’est que le metteur en scène Abidine Dioari a sans conteste exposé sa passion pour deux choses, la musique et le théâtre. Une combinaison entre ces deux éléments artistiques avec une bonne dose de danse a permis de passer d’une scène à l’autre sans que le public ne tombe dans l’ennui. Toutefois, certains passages musicaux étaient un peu forts au point que les voix des deux comédiens sur scène étaient par moment inaudibles. Deux autres points qui mériteraient d’être notés, c’est le caractère trop simpliste du décor et les costumes des comédiens qui ne semblaient pas adaptés à la situation, hormis le petit foulard de la vieille N’Gandou.

Lire la suite
« »
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
L'information à ma façon

Auteur·e

L'auteur: Kpénahi Traoré
Kpénahi Traoré, blogueuse burkinabè , étudiante à l'Ecole Supérieure de Journalisme (ESJ) de Lille et engagée dans l'aventure Mondoblog. Je suis sensible aux problématiques sociales. Ma philosophie, être moi-même et toujours apprendre. J’ai passé 4 ans au département de Communication et Journalisme de l’Université de Ouagadougou. J’aime découvrir d’autres cultures, j’aime voyager, j’aime lire, écrire et passer des heures sur Internet.

Populaires

Article : Marchandage à la sénégalaise
Marchandage à la sénégalaise
15 avril 2013
Le savon anti-malaria pour prévenir le paludisme
17 juillet 2013
Article : Jazz à Ouaga 2013, on y va pour une semaine de jazz
Jazz à Ouaga 2013, on y va pour une semaine de jazz
1 mai 2013
Roms, que font les associations ?
29 octobre 2013
Article : Le Burkina Faso, un malade ambulant
Le Burkina Faso, un malade ambulant
12 mai 2013
Allo ici Kpénahi © 2026
-
BLOG DU RÉSEAU MONDOBLOG
Mentions légales Centre de préférences
56