Le Burkina Faso, un malade ambulant

Article : Le Burkina Faso, un malade ambulant
12 mai 2013

Le Burkina Faso, un malade ambulant

Rien à dire, le Burkina Faso va mal en ses dirigeants. Que cachent-ils donc sous leurs masques dorés et sous leurs sourires flamboyants ?Après les spéculations sur l’état de santé du Blaiso (Blaise Compaoré) qui fait couler beaucoup d’encres et de salives, c’est au tour du ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibril Bassolé de montrer des signes de faiblesse.

Djibril Bassolé juste avant  son effondrement
Djibril Bassolé juste avant son effondrement

En effet, suite à un malaise, Djibril Bassolé s’est effondré le jeudi 9 mai dernier devant les caméras à Ankara en Turquie, lors d’une conférence de presse avec son homologue turque. La vidéo de l’incident a aussitôt été publiée par plusieurs site d’informations. On y voit le chef de la diplomatie burkinabè vacillé pour terminer sa chute sur le plancher. Des gens présents dans la salle ont tout de suite accouru pour lui porter secours. Djibril Bassolé a ensuite été conduit hors de la salle en marchant.

Mais aux dernières nouvelles, Djibril Bassolé a été joint au téléphone par la  Télévision du Burkina Faso (TNB), et il rassure les Burkinabè que sa chute est due à « un coup de fatigue ». vue sur ce angle, cette justification peut se comprendre parce que le chef de la diplomatie burkinabè gère plusieurs dossiers de crise en ce moment. Il est sur tous les fronts, partout où ça gronde dans la région. Au Mali, en Guinée, au Darfour, en Côte d’Ivoire… Djibril Bassolé joue le rôle d’envoyé spécial de notre médiateur international qui semble ne plus avoir envie ou ne plus pouvoir (son état de santé ?) porter à temps plein son costume de facilitateur dans lequel il commence sérieusement à flotter.

Djibril Bassolé
Djibril Bassolé

Ce malaise de Djibril Bassolé en dit long sur la santé de ceux qui nous gouvernent et accentue encore plus les supputations sur l’état de santé de nos dirigeants. Un sujet qu’on n’ose pas aborder au pays des hommes intègres, même dans les médias. Après tout, ils sont des mortels et finiront sous terre de la même manière que le mendiant assis au bord de la chaussée. A quoi bon créer le mystère autour de leur état de santé? Apparemment rien. Mais à y voir clair, dans le cas du Burkina Faso, évoquer la santé fragile du président reviendrait immédiatement à se poser des questions sur sa succession et aussi le cas de l’article 37. Par contre ce qui me sidère le plus dans cette affaire, c’est que les médias burkinabè se sont tous accrochés à l’idée que c’est un coup de fatigue. je n’affirme pas le contraire. Et même si les causes du malaise du ministre se trouvent ailleurs, est-ce un crime d’en parler ou d’investiguer là-dessus?

Comme quoi, malgré tout leur pouvoir et leurs richesses, ils ne sont pas immortels. Malgré les efforts pour camoufler mal-être et montrer aux yeux des Burkinabè que tout va bien pour eux dans le meilleur des mondes, le corps a ses limites et il n’hésite pas à craquer au grand jour quand ses limites sont franchies. Ne dit-on pas que « toute personne bien portante est un malade qui s’ignore »? Dans ce cas précis il faut dire que « tout président ou tout ministre bien portant est un malade qui s’ignore ».

@Kpenahiss

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Commentaires

Boukari Ouédraogo
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Je suis d'accord qu'ils ne sont pas immortels mais reconnais que le travail n'est pas facile surtout pour Bassolé. Ces derniers temps, il tournent beaucoup et je sais qu'il se repose peu. Moi j'ai plutot de la compassion pour lui.

Kpénahi
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Boukari je ne dis pas le contraire, si tu as bien lu, tu verras que dans mon billet, j'ai relevé le fait qu'il est sur beaucoup de dossier qui l'épuisent. Mais j'ai aussi émis d'autres hypothèses, mon avis sur la question.

eyesango
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Ce problème existe dans tous les pays africains. Et puisque nos dirigeants ne veulent pas abandonner le pouvoir, ils n'auront pas d'autre choix que de mourir. Le cas semblable, l'ancien président de la RCA François Bozize, le président actuel du Tchad Idriss Deby, le Président algérien Abdel Aziz Boutefika et qui encore? La liste est non exhaustive.

Koffi
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Je partage à 100% ces remarques sur nos dirigeants, le^s pires sont chez moi au Togo.