Marchandage à la sénégalaise

Article : Marchandage à la sénégalaise
15 avril 2013

Marchandage à la sénégalaise

Cinquante sujets aussi différents les uns des autres sur la capitale sénégalaise, c’était le paris de la team  Mondoblog lors de son séjour à Dakar. Réaliser une sorte d’album photos et de portefeuille de lecture sur Dakar.

Une commerçante sénégalaise.Ph. Kpénahi Traoré
Une commerçante sénégalaise
Photo : Kpénahi Traoré

Ainsi, chaque mondoblogueur  et mondoblogueuse était libre de traiter un sujet de son choix, un aspect de la vie à Dakar qui l’inspire. Sans attendre, et comme des prédateurs affamés, les 50 nouveaux Dakarois se sont dispersés à travers la ville à la recherche d’informations sensationnelles, originales à se mettre sous la plume. Vous êtes sans doute impatients de savoir à quoi je me suis attaquée dans cette immense cité de la Teranga. Et bien, vous serez surpris mais je n’avais aucune idée de ce que je voulais réaliser au cours de mon séjour « mondobloguais ». Pendant que les autres lançaient par-ci et par-là, les thèmes sur lesquels ils voudraient produire, je les observais sans broncher.

Un marché aux origines étrangères

Le lendemain, après maintes réflexions, je me suis décidée à me joindre Stéphane et Mamady (mondoblogueurs). Eux aussi n’avaient pas encore une idée claire de ce qu’ils voulaient traiter comme sujet. C’est ainsi que nous nous sommes dirigés au grand marché de Dakar, Sandaga. Un marché bien connu dans la sous-région. Selon la petite histoire, Sandaga, qui signifierait marché des étrangers en mooré (une langue nationale du Burkina Faso) a été crée par des commerçants venus du Burkina Faso. Ces derniers avaient fait de ce lieu, leur quartier général et un point de rencontre incontournable pour tous les commerçants. Aujourd’hui, bien que ce marché soit en grande partie occupé par les Sénégalais, son appellation Sandaga demeure.

Harceler pour mieux vendre

Dès que nous sommes descendus du mini bus, nous avons aussitôt été assaillis par des petits vendeurs à la recherche de leur pitance du jour. Ils ont tout de suite vu par nos styles vestimentaires et encore plus par notre accent que nous étions des étrangers. Je m’étais dit que je ne sortirai pas de ce marché sans mon sujet en tête. C’était mon objectif principal. Mais étant dans un marché, on peut parfois être tentée de faire des achats pour lesquels l’on n’est pas venu. Dans nos échanges avec certains commerçants, je me suis laissée aller à demander le prix d’un trousseau qui m’intéressait vraiment, mais qui me semblait assez coûteux. Mal m’en a pris.

Je n’avais jamais vu ailleurs auparavant, un commerçant aussi teigneux qu’au Sénégal. Il m’a poursuivi tout au long de notre promenade dans le marché. Par moment, je l’ignorais, je feignais de ne pas l’entendre. Rien n’y fait, il ne se décourageait pas. Il usait de tous les stratagèmes pour me mettre hors de moi, me culpabiliser afin que j’achète le trousseau. Il m’a littéralement harcelée pour me vendre son article. A un moment donné, j’ai cru qu’il m’agresserait tellement que la dispute est devenue houleuse. J’ai fini par ne plus l’écouter. Je l’ai laissé cracher son venin. Sentant que le marchandage tournait en sa défaveur, il se résigna à baisser de ton et à négocier pour que j’achète le trousseau. Après plusieurs tentatives,  il a fini par se rendre compte que je n’étais pas une cliente facile. Mais moi, ce que je voulais, c’était d’arriver à me débarrasser de lui, être libre et poursuivre mon chemin. En mini bus sur le chemin du retour, comme un tic, il m’est venu à l’idée d’écrire sur ce que je venais de vivre à Sandaga. Je tenais mon sujet.

Marchandez comme si vous séduisez

Séduisez-le ! Ne vous faites pas avoir du premier coup. Amenez-le à suivre votre rythme sans vous montrer autoritaire. Montrez que vous maîtriser la situation, que vous avez votre mot à dire, que vous savez ce que vous voulez. C’est ainsi que je qualifierai le marchandage avec un commerçant sénégalais. Un peu comme les relations hommes-femmes. Quand une femme veut séduire un homme. Elle se montre intéressée et lorsqu’elle sent que son homme lui est acquis, elle le laisse languir jusqu’à ce qu’il la supplie.

Ce que je retiens de cette promenade à Sandaga, c’est qu’il ne faut jamais se laisser influencer par ces commerçants, surtout quand on est étranger. J’ai fini par comprendre que leur technique d’approche consiste à mettre le client dans l’embarras pour l’amener à acheter. Ils essayeront également de jouer sur votre sensibilité en vous racontant leur vie. Ils n’auront aucune gène à vous lancer des phrases du genre « c’est votre seul intérêt qui vous intéresse. Vous n’êtes même pas capable d’acheter un petit article de 2 500 francs CFA ». Tout cela pour jouer avec vos nerfs et vous rendre coupable d’avoir profité d’eux. Dans tout les cas, ne tombez jamais dans le panneau. Une amie sénégalaise m’a confiée que la meilleure façon de marchander avec ses commerçants sans sa faire harceler et sans perdre de temps, c’est de toujours avoir de la monnaie sur soi quand on va au marché. Ainsi, lorsque vous voulez faire des achats, vous faites une proposition qui vous semble raisonnable. S’il refuse, tournez les talons et continuez votre chemin. Au bout de quelques secondes, il vous appellera en vous disant son prix. Restez campé sur votre position et montrez lui le montant que vous pouvez débourser. Il va encore sans doute se montrer réticent. Encore une fois, faites semblant de vous désintéresser et partez. Il vous dira aussitôt « c’est bon amenez l’argent ».

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Commentaires

Florian Ngimbis
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lol. J'aurais bien aimé vivre la scène. hihihihi!

Kpénahi
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Vraiment, il fallait être présent pour voir ça.je lui ai montré que je n'étais pas non plus facile.lol

Limoune
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Kpenahi ! C'est aussi agréable de te lire que de t'ecouter à l'atelier d'écriture ou sur l'atelier des médias.

Kpénahi
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Merci Limoune, suis touchée

Josianekouagheu
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Comme à Douala, c'est la même chose. Si tu ne sais rien, tu te laisseras avoir. Sans blague...Super billet Traoré.

Kpénahi
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Ouais Josiane

Christian.
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Beau et bon reçit très iluustré! Merci pour cette balade contée à dakar la chère!

Kpénahi
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Merci.